Interview — Jeanne Coiffard

Entretien — Jeanne Coiffard

Psychologue clinicienne, autrice et créatrice de contenu autour de la santé mentale

Nous avons demandé à Jeanne Coiffard de partager son regard sur Plates, une série de Beau Edition conçue comme tirage d’art mural. Elle y voit une exploration du corps comme surface d’expression, à travers la matière, les motifs et la perception sensorielle, où l’image est autant ressentie que vue.


Entretien

Beau Edition — Jeanne, vous êtes psychologue, podcasteuse… comment vous définiriez-vous ?

Jeanne Coiffard — C’est déjà beaucoup.

Beau Edition — Nous vous avons demandé de choisir une série. Vous avez choisi Plates. Qu’est-ce qui a retenu votre attention ?

Jeanne Coiffard — J’ai choisi cette série parce que je la trouve très belle, tout simplement. Elle me rappelle aussi les travaux de la vallée de l’Omo en Éthiopie, où le corps devient un support de créativité à l’aide de matériaux naturels — fleurs, plantes, pigments. Cette façon d’utiliser le corps m’a vraiment marquée.

Beau Edition — Voyez-vous autre chose dans cette série ?

Jeanne Coiffard — Oui, il y a aussi un aspect très pictural. Les motifs me rappellent l’art aborigène australien avec ses compositions de points. Et les corps… souvent sans visage, très sculpturaux. Ce sont de beaux corps, mais surtout des formes, presque des œuvres d’art.

Beau Edition — Quel est le dernier moment de beauté dont vous vous souvenez ?

Jeanne Coiffard — Juste avant cet entretien, je peignais. Je ne sais pas si je peux dire que je suis peintre, mais quand je peins, je me sens tellement bien. C’est un moment suspendu. Et pour moi, c’est ça, la beauté.

Beau Edition — La beauté, c’est quelque chose que l’on voit ou que l’on ressent ?

Jeanne Coiffard — Les deux. L’émotion passe par les sens : ce qu’on voit, entend, ressent… avant même de comprendre.

Beau Edition — Et la beauté est-elle éternelle ou éphémère ?

Jeanne Coiffard — Ça dépend. Dans la nature, elle est souvent éphémère. Une fleur est belle à un moment, puis elle se fane. Et comme elle est subjective, ce qui est beau pour moi ne l’est peut-être pas pour quelqu’un d’autre.