The Platonic solids

Les solides de Platon

Lors d'une visite au musée de Besançon, un drôle d'objet m'attire. Étrangement familier. Je le prends en photo : un dodécaèdre romain — un objet de douze faces ajourées, vraiment étrange, et on ne sait toujours pas à quoi il servait. Quelque temps plus tard, en travaillant sur un projet, je le retrouve dans le logiciel de 3D. Un des outils de base. On appelle ça un solide platonicien — Platon chez les geeks.


Cinq formes, cinq éléments

Je découvre les solides de Platon. Lui qui a réfléchi aux grandes questions de la condition humaine répond ici par la géométrie : cinq formes qui, selon lui, composent toutes les formes sur terre. Ni plus, ni moins. Quatre, six, huit, douze et vingt faces — le tétraèdre, le cube, l'octaèdre, le dodécaèdre, l'icosaèdre. À chacun son élément : le feu, la terre, l'air, l'eau. Et au dodécaèdre — celui du musée —, l'éther : l'harmonie.


Presque deux mille ans, et le même jeu

C'est passionnant. Ces formes me ramènent à l'enfance : les cubes qu'on essaye de faire entrer dans des triangles, les tours de Kapla… Tout est jeu de construction, plus ou moins simple. C'est drôle, parfois, comme le temps se compresse : presque deux mille ans d'écart, et on joue encore avec les mêmes objets. J'ai l'impression que, quel que soit l'âge ou l'époque, on a cette faculté instinctive de résoudre les problèmes. Parfois on en crée sans raison, parfois on les complexifie — mais chaque problème, aussi complexe soit-il, a sa solution simple, comme dans l'enfance. Platon a résumé la complexité du vivant en cinq formes. On devrait s'en souvenir dans toutes les salles de réunion.

Adrien


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